Linguistique

L’entretien de son identité linguistique : S’agit-il de nationalisme ? [fr]

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Les imaginaires de la langue

Bourdieu, Boyer, Houdebine, Labov, Lafont, Nynioles et autres ont tenté de donner un statut théorique et méthodologique à cette notion, sous diverses appellations :

(Boyer., et al, Sociolinguistique, Territoire et objets, p.15).
  1. Imaginaires linguistiques
  2. Attitudes linguistiques
  3. Représentations sociolinguistiques
  4. Idéologies linguistiques dans le paradigme :
    • Préjugés
    • Mythes
    • Stéréotypes concernant l’une ou l’autre des langues en présence au sein d’une même communauté

 

« Fétichisme de la langue »

Labov parle de l’idéologie des Français pour la quête de l’unilinguisme née sous la monarchie, mais surtout développée après la période de révolution.

Bourdieu et Boltanski parlent de « Fétichisme de la langue » des Français qui ont du mal à maîtriser la concurrence internationale de l’anglais, d’autre part l’obsession du “Bon Usage” qui vise à contrôler et à limiter la diversité intra et inter linguistique.

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Les situations de plurilinguisme: La diglossie

Les langues dites « minoritaires », « régionales », « locales » peuvent par ailleurs présenter une plus ou moins grande richesse d’usages.

Ce type de situation est appelé la « diglossie » qui est présente dans la périphérie d’espaces pluricommunautaires qui est le cas du domaine catalan, pays de langue d’oc (Occitanie) et les Antilles.

On peut parler du concept de diglossie « lorsque la distribution linguistique repose sur une délimitation claire et nette entre les fonctions de la variété ou de la langue dite ‘’haute’’ et celles de la variété ou de la langue dite ‘’basse’’ » (Boyer., et al, Sociolinguistique, Territoire et objets, p.18).

Il existe une coexistence problématique entre la langue dominante et la langue dominée. Par la suite, la sociolinguistique catalane, occitane et la créolistique vont opposer une vision très dynamique et polémique.

C’est aussi une problématique pour les langues appelées pidgins dans les Caraïbes qui sont intermédiaires d’une inégalité entre populations vis-à-vis le statut social et économique. Par exemple, la langue des planteurs et leurs esclaves.

Problématique similaire pour le créole dans les Antilles où la langue des colons a été déformée pour qu’ils ne comprennent pas. Au Québec, la langue française provient des habitants et le but était d’éviter au roi ou la cours royal à comprendre leur parler.

Exemple d’analyse du discours
L’observation du rapport socioverbal existant entre le locuteur et interlocuteur (les paysans et le roi) nous démontre de grandes différences entre les discours. Par exemple, dans le discours d’un paysan, le roi apparaît comme oreille complaisante aux malheurs des peuples.

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Études du Français québécois par Monica Heller

Elle pousse ses recherches ethnographiques en milieu scolaire franco-ontarien, systématiquement dans des écoles élémentaires et secondaires durant la période 1983-1995 dans la région torontoise.

Son étude est basée sur l’éducation de la langue française en milieu minoritaire au Canada. Elle réalise que c’est une question de nationalisme et les écoles françaises en Ontario sont destinées à la minorité francophone dans la province.

De plus, elle cite :

« En Ontario, le nationalisme territorial et étatique se transforme en nationalisme institutionnel; au cœur de l’histoire on trouve une lutte pour et contre la mise sur pied d’écoles de langue française en milieu minoritaire, qui y a accès, et comment définir ce qui compte comme « français » ou comme « francophone » dans ce contexte »
(Heller, Monica, Éléments d’une sociolinguistique critique, p.16).

Dans le contexte du nationalisme québécois, la sociolinguistique joue un rôle très politique. En outre, sa recherche continue sur la « lutte des militants francophones pour les écoles de langue française, et pour y instaurer un espace unilingue, doit être comprise comme une lutte politique, et sa recherche touchaient justement à la question de savoir dans quelle mesure on réussissait à créer des espaces unilingues, pourquoi (ou pourquoi pas) et avec quelles conséquences pour qui »

(Heller, Monica, Élément d’une sociolinguistique critique, p.17).

 

« S’adressant aux professeurs de français du collégial en 1991 [quand] le programme démocratique de l’enseignement québécois n’avait accompli que la partie la plus facile et la moins réfléchie de son projet»
On réalise que le programme n’a pas seulement empêché que la culture humaniste ne soit réservée à une élite restreinte de privilégiés, il n’a pas tout simplement favorisé l’accès à la majorité.
(Deshaies, D., Ouellon, C., les linguistes et les questions de la langue au Québec : point de vue, p.28).

On comprend bien ici qu’il a y a le facteur de minorité versus majorité et un aspect d’élitisme vis-à-vis de la langue française. Ce principe d’élitisme a été influencé par la France, comme c’est le cas en France aussi.

Ce principe est le fait de ne pas percevoir la langue française comme celle de l’autre ou comme une langue étrangère, ou de simplement se questionner sur la qualité de la langue. Tous ces facteurs-là posent problème en termes d’ouverture parce que le but actuel serait de développer une concurrence ou confrontation avec d’autres langues et d’autres cultures.