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Peut-on dresser l’homme contre l’agitation ?

 

Credits: Framepool

Ces questions méritent une attention soutenue qu’il est possible d’aborder dans une étude plus approfondie. Cependant, tous les pratiquants que j’ai pu interroger à la sortie des cours de Yoga dans lesquels j’ai été semblaient apaisés. « Calme », « détachement », « bonheur » sont les mots qui ressortent de façon la plus récurrente de la bouche des participants pour définir leur ressenti.

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Crédits : Pinterests

Toujours munie de mon carnet de notes et de mes connaissances de jeune sociologue, j’interroge le professeur. Il n’y voit pas quelconque utilisation subversive de cette pratique ancestrale. Pour lui, les adeptes en font une utilisation personnelle, il s’agit de se reconnecter avec soi-même, et donc d’exclure les pensées associées au travail.

Le contexte de cette pratique en pleine conscience produirait l’effet inverse. Selon la théorie de Danièle Linhart, plus que d’obtenir des résultats visibles au travail par une créativité et une concentration accrue, les pratiquants prendraient plus de recul quant à la vie en générale, et donc se dépsychologiseraient des aléas de l’entreprise.

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Crédits : Mindbodygreen

C’est peut-être pour ce type de réponses que la méditation est allée jusqu’à s’exporter dans les structures pénitentiaires. Finalement, elle pourrait être un outil pour aplanir les esprits, pour dresser l’homme contre l’agitation. Tout comme dans la religion, les prescriptions de la morale sont mises en œuvre de façon à obtenir une population homogène, non contestatrice.

En apparaissant comme une pratique laïque, la méditation passe au travers des barrières érigées par la démystification du monde. En ce sens elle détient dans la société occidentale une place de choix, d’autant plus qu’elle est impulsée par un désir de remise en question de l’homme hypermoderne.

Crédits : Mindbodygreen

Ainsi, sans être affiliée à une religion quelconque, elle permet d’exercer un contrôle, bien qu’en apparence positif sur les individus qui exercent et approuvent ce genre de pratique. La consommation de ces techniques de bien-être dans un but thérapeutique est donc sociale, puisque diffusée au moment précis où le monde fait la demande d’un retour à soi.

Stratégiquement, en dénonçant les lacunes spirituelles inhérentes au monde contemporain, les entreprises et les industries culturelles proposent des solutions au vide qu’elles ont créé.

Au niveau pluridisciplinaire, l’essor de l’intérêt porté au développement durable, à l’écologie sont en quelque sorte l’aspect macro logique de celui correspondant au développement personnel. Batchelor et Brown[2] nous parlent “d’écologie religieuse” pour faire référence à cette harmonie entre nature et spiritualité. Le crédit accordé à l’environnement, à l’univers et aux générations futures est un thème récurrent dans le bouddhisme.

 

 Bibliographie
Linhart D., La comédie humaine du travail. De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale, Paris, Érès, coll. « Sociologie clinique », 2015, 158 p., ISBN : 978-2-7492-4632-1. Batchelor M. and Brown K., Buddhism and Ecology, Cassel, 1992
Piet J., and Hougaard E. “The effect of mindfulness-based cognitive therapy for prevention of relapse in recurrent major depressive disorder: a systematic review and meta-analysis”, 2011, Clinical Psychology Review
Ehrenberg A., La fatigue d’être soi. Dépression et société, Odile Jacob, 2000 Boudon R, L’inégalité des chances, Paris, Hachette, 1979
[1] Linhart D., La comédie humaine du travail. De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale, Paris, Érès, coll. « Sociologie clinique », 2015, 158 p., ISBN : 978-2-7492-4632-1.
[2] Batchelor M. and Brown K., Buddhism and Ecology, Cassel, 1992
[3] Piet J., and Hougaard E. “The effect of mindfulness-based cognitive therapy for prevention of relapse in recurrent major depressive disorder: a systematic review and meta-analysis”, 2011, Clinical Psychology Review
[4] Ehrenberg A., La fatigue d’être soi. Dépression et société, Odile Jacob, 2000
[5] Boudon R, L’inégalité des chances, Paris, Hachette, 1979
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